EXPOSITION SUR LES BIBERONS

 

 

ASINCOPROB du HAVRE - 14.06.97

Musée des Terre-Neuvas de Fécamp

 

 

Cette exposition « Les biberons du Docteur DUFOUR » a été réalisée par la ville de Fécamp et présentée pour la première fois au public, depuis la mise en caisse du Musée de l'Enfance en 1944, après la destruction du musée.

L'exposition de près de 300 biberons anciens nous a été commentée par Marie-Hélène DESJARDINS, Conservateur du Patrimoine, Musée municipaux de Fécamp.

 

Le but de la présente exposition n'est pas de faire l'histoire du biberon au cours des âges, mais d'étudier et de présenter au public la plus importante collection publique de biberons de France, réunie au début de ce siècle par le Docteur Léon DUFOUR à Fécamp.

 

 

LES BIBERONS de l'ANTIQUITE

Ces six petits vases antiques sont-ils vraiment des biberons ?

« Ce sont des récipients de petites dimensions constitués d'une panse globuleuse sur pied plat ou annulaire, pourvue d'une anse de préhension, d'un bec tubulaire effilé et d'une ouverture supérieure assez large ». Ils ont été découverts dans des sépultures d'enfants.

Des analyses ont révélé la présence de résidus lactés : il s'agit donc bien de biberons, mais peut-être uniquement à usage funéraire et non réellement fonctionnel.

 

 

LES BIBERONS du MOYEN-ÂGE

Au Moyen-Âge, on utilise, en guise de biberons, des cornes de chèvres, voire de vaches, ces animaux providentiels : on l'appelle pour cette raison « cornet ». D'autres biberons, plus proches des nôtres, sont de petits vases de bois, de terre cuite ou d'étain, munis d'un goulot verseur et qu'on appelle parfois gargoulettes ou « chevrettes ». L'usage de la corne n'est pas exclusivement médiéval, est s'est perpétué fort tard, comme l'atteste par exemple une peinture paysanne du 19ème siècle.

 

 

LES BIBERONS de la Fin du MOYEN-ÂGE à l'Orée du 19ème Siècle

Tout en présentant des formes et des matières très variées (le musée des Terre-Neuvas en présente quelque deux cent cinquante modèles), les biberons de cette période ont pour caractéristique commune l'adjonction d'un embout de toile. Ce terrible « drapeau » mis en place pour protéger les fragiles gencives du bébé n'est jamais changé et se révèle vite un virulent foyer d'infection sans que personne alors ne puisse en soupçonner les mortelles conséquences.

 

ENTRE le 18ème et le 20ème SIÈCLE

Les biberons-tasses ne permettent pas de téter, mais de boire. Cette forme (avec ou sans bec) est utilisée pour nourrir les bébés dans de nombreuses civilisations, comme le montre la calebasse provenant d'Afrique. Ces biberons sont très répandus dans le monde anglo-saxon sous le nom de « pap boats » (littéralement bateaux à bouillie). Il en existe de nombreux exemples en collections privées, en buis, étain, argent, faïence ou porcelaine.

Les biberons dits limandes connaissent un véritable succès au 18ème siècle et dans la première moitié du 19ème. Mis à part un modèle en faïence provenant d'Angleterre, ils sont tous en verre, d'une contenance assez régulière (250 ml) et comportent une ouverture sur le dessus.

Bientôt, les biberons à tube font leur apparition. Il s'agit d'un système comportant une carafe en verre à la panse aplatie et au goulot large, munie d'un bouchon percé de part en part, dans lequel vient se glisser un tube plongeur en bois (buis) ou corne. La partie extérieure de ce tube est coudée, parfois articulée, munie d'un embout en bois, étain ou ivoire garni de caoutchouc ou d'un pis de vache.

En matière d'infection, le pire est à venir, avec les biberons à long tuyau de caoutchouc, impossible à nettoyer. Très utilisé dans les familles ouvrières, où la mère travaille, car il permet à l'enfant de s'alimenter seul. C'est contre ces « biberons de la mort » que le Docteur DUFOUR va lutter sans relâche. Sa vente et son importation seront interdits par la loi en 1910.

 

 

L'exposition se poursuit par de nombreux exemplaires de biberons à tétine, de biberons-stérilisateurs en verre et de biberons contemporains.

 

En créant la Goutte de Lait, le Docteur DUFOUR avait le souhait de régler le problème du mauvais biberon, mais surtout celui du mauvais lait. Après en avoir amélioré les qualités sanitaires par un contrôle des provenances et par la stérilisation systématique, restait la question de la composition du lait de vache, inadaptée aux besoins du bébé. Ces recherches l'amenèrent à l'invention du procédé « d'humanisation » du lait de vache, pour le ramener à une composition proche du lait de femme, au moyen d'un vase spécial permettant de laisser reposer le lait puis de le soutirer : l'humanisateur. Des spécimens sont exposés au musée de Fécamp.

 

Livre-référence : « Les biberons du Docteur DUFOUR » - Musée de Fécamp 1997 232 p.

(en vente au Musée de Fécamp, 21 rue Alexandre-Legros 76400 FECAMP 135 F. + 10 F. de port)

 

 

Comptes-rendus

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